MULTIPLIER POUR DES SEMENCIERS

Plusieurs établissements semenciers sont à la recherche d’agriculteurs multiplicateurs biologiques. Les surfaces concernées, l’abri ou le plein champ, les espèces et le type de variétés (population ou hybride F1) dépendent essentiellement de l’établissement semencier et de ses marchés.

Haut niveau de technicité requis

Il s’agit d’une activité de diversification intéressante, qui peut être rémunératrice, mais qui nécessite aussi un haut niveau de technicité et une certaine prise de risque à ne pas négliger. Cette production cumule une obligation de moyens (le règlement AB) ainsi qu’une obligation de résultats (règlement technique de la production de semences). Les normes de qualité (germination, pureté variétale, sanitaire) pour la commercialisation des semences biologiques sont les mêmes que celles des semences conventionnelles. Lorsque la production n’est pas conforme, elle peut être refusée… si tel est le cas, c’est une perte nette si le contrat ne prévoit pas une certaine garantie pour le producteur. Ce contrat est établi entre l’établissement et l’agriculteur avant la mise en place de la culture, il fixe les droits et obligations de chaque partie ainsi que les conditions de rémunération. Le partage des risques est difficile à établir, c’est pourquoi il est vivement conseillé, avant de s’engager, de prendre contact avec des structures telles que la FNAMS. Dans certaines régions productrices de semences, les Groupements d’Agriculteurs Biologiques et/ou Chambres d’Agriculture peuvent également venir en appui.

 Un point délicat : la maitrise des adventices

Pour des raisons liées à la biologie (autogamie[1], allogamie[2]) et au cycle des espèces (annuelles[3], bisannuelles[4]), à la gestion du désherbage ou des ravageurs et maladies, certaines espèces sont plus «faciles» à multiplier: les laitues, les chicorées, les Cucurbitacées et les Solanacées. Il est conseillé de démarrer une production de semences avec ces dernières, car les résultats seront plus aléatoires pour la carotte et le chou(désherbage, Alternaria, cycle bisannuel),l’oignon(durée du cycle, désherbage, mildiou), le haricot (battage de petits lots, bactériose), la fève et le pois(bruche …).

La maîtrise des plantes adventices est le point délicat de la culture des porte-graines, notamment pour les espèces potagères bisannuelles qui restent parfois plus de 12 mois en place. C’est, par exemple, le cas de la carotte qui sera semée début août de l’année N et dont la graine sera récoltée fin août de l’année N+1, ou du poireau, champion toutes catégories, qui met 17 à 18 mois pour aller du semis à la semence!

Les plantes adventices sont préjudiciables au bon développement de la culture des porte-graines. Une mauvaise maîtrise technique, en particulier du désherbage, peut générer des coûts de main d’œuvre importants. Ce poste peut représenter jusqu’à 30 à 70 % des charges, c’est une des principales raisons du surcoût des semences biologiques. De plus, les semences de certaines espèces adventices sont parfois difficilement «triables», voire «intriables», ce qui peut déprécier le lot de semences, parfois même entraîner son refus.

Il est donc préférable de prendre en compte ce paramètre avant même l’implantation de la culture (choix de la parcelle, précédent, faux semis, binage en pré-levée…) et d’être équipé d’outils adaptés. A ce sujet, la FNAMS publié en 2013 une excellente brochure sur ‘’Le désherbage mécanique en production de semences’’ (illustration X31). Un matériel d’irrigation adapté est aussi essentiel pour réussir ce type d’activité.



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