AUTOPRODUCTION DE SEMENCES

Bien que passionnant, le sujet de l’autoproduction de semence n’est qu’introduit ici.

Chaque espèce a ses particularités !

Si l’on multiplie chaque année des semences sans se soucier de sélection, la variété se transformera naturellement sous l’influence de l’environnement, des conditions de culture et de la sélection naturelle qui s’en suit. En l’absence de sélection, elle évoluera petit à petit vers son type «sauvage», qui n’est hélas pas celui qui nous intéresse pour la consommation (ex. racines blanches chez la carotte). L’influence inconsciente de celui qui fait le travail a aussi un impact non négligeable sur l’évolution de la variété. Non avisé, ce dernier aura tendance, par exemple, à toujours choisir les plantes portant les plus gros fruits ou pire il commercialisera les fruits des plus beaux plants et gardera pour la semence les plus rachitiques.

En d’autres termes, la «pureté» d’une variété se perd beaucoup plus vite qu’elle ne se restaure, il convient donc d’être particulièrement vigilant aux mélanges accidentels, aux croisements indésirables ainsi qu’à la dégénérescence consanguine.

Les mélanges accidentels: c'est, de loin, la cause la plus fréquente de dégénérescence (perte de rendement et de qualité) des variétés des plantes autogames. Les risques de mélanges existent à chaque étape de la culture des porte-graines, surtout quand on travaille sur un grand nombre de variétés et quand ce travail se fait à plusieurs.

Les croisements indésirables : il est impératif pour éviter des croisements indésirables de respecter les distances d’isolement. Elles peuvent être de quelques mètres pour les plantes autogames (ex. haricot nain - attention l’allogamie est toujours possible) et de plusieurs centaines de mètres voire quelques kilomètres pour les plantes allogames (ex. betterave, épinard: 1500 m). Pour certaines espèces, il faut également être vigilant vis-à-vis des croisements avec des espèces sauvages comme la carotte, la chicorée ou la betterave.

Pour s’affranchir de ce risque de croisement, il est aussi possible de cultiver les porte-graines (ex. pour les choux, oignons ou carottes) dans des tunnels équipés de filets anti-insectes et d’y lâcher des bourdons ou des mouches pour assurer la pollinisation. Pour un petit nombre de porte-graines certains utilisent aussi des cages équipées de filets anti-insectes.

La dégénérescence consanguine: si l’on conserve un trop petit nombre de porte-graines, il n’y a plus assez de brassage génétique et la variété peut rapidement dégénérer, c’est à dire perdre en rendement et en qualité. Ceci est particulièrement vrai pour des plantes allogames telles que l’oignon, le poireau ou le maïs, pour lesquelles il faudrait garder au moins une centaine d’individus. Pour les plantes autogames dont les variétés sont assez homogènes (ex. laitue, tomate), il est possible de ne récolter les semences que sur 5 à 15 plantes.

D’un point de vu réglementaire, à ce jour (car la législation peut évoluer), il est autorisé de produire ses propres semences de légumes, mais uniquement pour les variétés du domaine public, c’est à dire non protégées par un Certificat d’Obtention Végétale (COV) ou un Brevet. Un COV peut être national[1] et/ou européen[2]. Si l’autoproduction de semence est autorisée, leur commercialisation, don ou échange est encadré réglementairement, de même que la commercialisation de plants potagers.

 

Récolte, séchage, battage, triage et conditions de stockage à considérer sérieusement

Quand on n’a pas à disposition une petite batteuse ainsi qu’une colonne à air permettant de trier presque toutes les graines, du petit matériel comme des tamis (avec différentes tailles de maille) sont bien utiles. Un ventilateur, des grilles et des sacs étiquetés s’avèrent aussi nécessaires. Pour le stockage, un local sec à température constante (la moins élevée possible), légèrement aéré et obscur est idéal (attention aux rongeurs!). Vérifiez le taux de germination de vos graines avant vos semis pour ne pas avoir de mauvaises surprises!

Semences potagères : Celles et ceux qui souhaiteraient produire leurs propres semences peuvent se référer à l’ouvrage de Christian Boué «Produire ses graines bio – Légumes, fleurs et aromatiques», paru en 2012 aux éditions Terre vivante[3]. L’auteur, membre du Biau Germe depuis 18 ans rappelle les fondamentaux de la sélection: cycles et biologie des plantes, mécanismes de reproduction végétale, maintenance… Puis, pour 55 légumes, aromatiques et fleurs, il précise comment sélectionner les graines, les recueillir, les trier, les conserver, les planter. Si cet ouvrage est probablement le plus complet en langue française sur le sujet, il en existe d’autres, vous trouverez plusieurs références sur le site Internet associé à cet ouvrage. Une bonne solution est aussi de suivre une formation de 2-3 jours ; certains GAB en proposent.



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